Une tendance forte depuis des décennies.

Si on analyse l’évolution de la courbe sur l’année 2018, on voit que la baisse était déjà bien engagée avant le 1er Juillet et la mise en œuvre de la mesure d’abaissement de la vitesse à 80km/h.

Cette baisse est en fait, comme dit plus haut, une tendance forte remarquée depuis près de 40 ans dans tous les pays de l’UE.

Un graphique de 40M d’automobilistes l’illustre bien

Donc la mesure n’a rien à voir avec une baisse comme veut le faire croire le premier ministre à l’opinion qui n’est pas au fait de tout ces détails.

 Des omissions dans les chiffres.

Certains chiffres présentés sont inexacts. La sécurité routière ne prend en compte que la mortalité sur la métropole. Ce qui donne, en effet, une légère baisse. Mais les chiffres de la sécurité routière ne sont pas donnés que pour la seule métropole sur les bilans ??

Le territoire français ne s’arrête donc pas qu’à la seule métropole. Avec les chiffres d’outre mer, la courbe de Novembre 2018 par exemple s’oriente à la hausse, légère aussi, +1,4%. Une baisse présentée qui cache en fait une hausse.

 Des omissions dans l’analyse…

En Décembre 2018 la consommation de carburant a chuté de plus de 9%. Ce qui traduit une diminution du trafic routier et donc de fait une baisse de la mortalité sur les routes. D’habitude la sécurité routière explique tout et n’importe quoi par la mauvaise météo, la baisse de la consommation de carburant, alors pourquoi cette fois tout ceci n’est il par pris en compte dans l’analyse ??

 Des radars et le CSA qui n’ont aucun effet.

Cette annonce de la baisse de la mortalité sonne comme un aveu…

L’aveu que les radars et le CSA n’ont aucun effet sur la mortalité routière. Ces derniers mois 60% des radars fixes, autonomes, de tronçons étaient hors services dans le contexte de la contestation des gilets jaunes…soit de Novembre à Décembre 2018 et Janvier 2019…Et la baisse de la mortalité est là puisque la sécurité routière et le premier ministre parlent d’une baisse historique. Seulement elle est continue et bien une tendance forte même avant la première implantation du premier radar en 2003. Ce que nous, les associations d’usagers, mettons en évidence depuis des années.

 Une baisse historique ?

pour revenir à des chiffres proches de ceux notés en 2013…

Soit 6, 7 ans de répression routière, de mise en service de systèmes de contrôle routier de plus en plus répandus et sophistiqués. Pour rien ? pour revenir 7 ans en arrière ?

Que de moyens gâchés, de budgets dilapidés dans des solutions plus que contestées.

Quid de la formation ? de l’aménagement et de l’entretien des infrastructures pendant toutes ces années ?

C’est un triste bilan pour le délégué interministériel et ses prédécesseurs qui ont orienté la politique de sécurité routière dans ce seul sens en mettant de coté les enjeux réels que cette politique devrait porter pour que la tendance forte qui est remarquée par les associations d’usagers puisse continuer.

 Faut il sauver le soldat Philippe ?

Depuis des mois les associations d’usagers demandent un bilan , des détails sur les accidents depuis la mise en œuvre de la mesure pour juger de la pertinence de cette dernière. La sécurité routière refusant de les donner. Le délégué interministériel communiquant même sur le fait que de faire un bilan à 6 mois serait vide de tout sens pour une analyse de l’efficacité de la mesure.

Dans le contexte du grand débat ,des cahiers de doléances, le retrait de la mesure du 80km/h arrive dans les premières demandes des français. Alors que le président de la république annonce l’aménagement de la mesure et explique en « off » à ses opposants qu’il n’était pas à l’initiative dans cette histoire désavouant son premier ministre et que 78% des français sont toujours opposés à cette mesure, ces annonces de la sécurité routière arrivent à point nommé pour l’exécutif afin de sauver la face…et son premier ministre.

 Le doute…

Beaucoup donc de questionnements, de doutes sur le bien-fondé et le but de tout ceci. Sur ces annonces, là… maintenant , dans la période que nous connaissons, où l’exécutif cherche à justifier son bilan dans tous les domaines, comme ici avec cette mesure.

Dans ces moments où les représentants de l’exécutif vont même jusqu’à monopoliser la parole lors de réunions du grand débat…pour justifier leur bilan…

 Cette annonce , outre le fait de tenter de sauver la face pour l’exécutif, est le marqueur historique ( comme le martèle la sécurité routière)  qui montre que tout ce que nous annonçons depuis des années en matière de tendance, de mauvaise orientation de la politique de sécurité routière est arrivé…qu’ils ont beau gesticuler, la tendance va continuer à la baisse, que la répression et toute cette débauche de moyens de contrôle ne sert à rien sauf en boucher les trous des budgets de l’état.

 Tout cela montre que la sécurité routière est devenue un outil, un levier politique qui permet aux gouvernements de faire croire à l’opinion qu’ils agissent dans des périodes où ces derniers ne parviennent pas à convaincre dans les autres domaines dont ils ont la responsabilité.

 On peut croire ou douter...

Pour nous, les associations d’usagers, le doute n’est plus permis.